Transmission … orale

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Chaleureux et décontracté – c’est tel que m’est apparu  Jean-Pierre Améris qui entame déjà sa deuxième interview de l’après-midi ce mardi 23 juin dans les studios de France Bleu Nord Lille.  Et pourtant point de lassitude chez ce réalisateur venu présenter son prochain long-métrage, « Une Famille à louer », qui sortira dans les salles le 19 août. Bien au contraire … Ce qui pourrait passer pour un véritable et obligatoire  parcours du combattant de la promotion pour certains devient chez lui une libération parce que l’amenant enfin à la rencontre de son public.

Jean-Pierre Améris rejoint donc à dix-huit heures les cinq journalistes déjà présents dans le second studio d’enregistrement, et s’excuse d’être seul, sans Virginie Efira à ses côtés. Politesse, certes ! mais aussi peur de décevoir, de ne pas suffire – et si j’allais encore au-delà  peut-être de ne pas être aimé …. Mais très vite la joie de parler de son film prend le dessus et je réalise qu’il se sent finalement  ici « comme à la maison » tant il parait à l’aise, lui qui se dit angoissé. Imaginez un peu cet homme qui en impose par sa taille,  près de deux mètres  tout de même, nous rappeler de ne pas hésiter à nous servir.  Il est vrai  – et je ne sais pas s’il y a un rapport de causalité – que c’est un  encas gargantuesque qui s’offre à lui et qu’il nous propose avec gentillesse.

Un homme à l’aise, vous disais-je. Mais très vite, l’angoisse est là, jamais vraiment partie, toujours à fleur de peau.  « Est-ce que vous avez ri ? » nous demande-t-il, inversant les rôles. Et si parfois les réalisateurs ou acteurs sont avares de paroles dans leurs réponses, c’est tout le contraire avec Jean-Pierre Améris. On sent l’habitué des avant-premières et des ciné-clubs ! Il est là pour ça et il aime ça.

Telle Macha -Macha Béranger que « les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître »- mais sans le casque sur les oreilles,  je reçois les confidences de Jean-Pierre Améris. Il ne s’en cache pas, il y a beaucoup de son propre parcours dans son film.  « Je suis le maniaco-dépressif qui, à cinquante ans, regrette de ne pas avoir fondé de famille »,  livre-t-il sans détour. C’est déroutant de recevoir à ce point sans rien à donner en retour. Il ajoute même que le film est  né de sa propre rencontre avec celle devenue  sa co-scénariste.  Et n’a-t-il pas trouvé  son alter ego avec l’acteur Benoît Poelvoorde, qui « est d’ailleurs lui aussi maniaque et angoissé dans la vie » ?

Le temps défile, l’homme est passionnant. Sincère, trop peut-être ? -je ne sais pas– ou trop bon acteur ? – je ne sais toujours pas. Si nullement déçue je sors de cette conférence de presse pour une première édition dans les locaux de la radio, propices peut-être à un sentiment d’intimité plus grand, j’aspire à ce que Virginie Efira, telle Julia Roberts dans « Erin Brockovich, seule contre tous » (2000) et Benoit Poelvoorde, tel Jean-Paul Améris dans « Une Famille à louer », viennent au micro faire quelques confidences.

Sandrine Monseigny.