LA FORCE D’ATTENDRE

 

 

 

Un Dark Vador et une princesse Leïa miniatures arpentent le parking du cinéma Kinépolis de Lomme. Ils sont encadrés par deux adultes.

 

Quelle vision étrange.

 

Lorsque j’arrive à leur niveau pour les dépasser, je vois un petit garçon de pas plus de 10 ans, une petite fille qui doit être sa sœur ainsi que leur parents. Ils se dirigent vers l’entrée du cinéma, déguisés pour la circonstance, qui diffuse en direct de Californie la convention Star Wars.

 

A l’intérieur, la petite famille rejoint la file d’attente. Ce qui surprends de prime abord est l’âge des spectateurs. Beaucoup de trentenaires et quarantenaires. Des fans de la première heure à l’évidence. Ils ont grandi avec la première trilogie Star Wars et certains sont accompagnés de leurs enfants.

 

Star Wars est inter générationnel.

 

Retransmis dans 35 cinémas à travers 23 pays, cette conférence de presse reflète bien la dimension planétaire qu’a pris Star Wars. Le dispositif est énorme et inédit. Ces 35 cinémas sont devenus pour l’occasion autant de chapelles dédiées au culte de l’univers créé par George Lucas.

 

Star Wars est universel.

 

Je m’installe confortablement dans la salle 14 et la retransmission démarre.

 

Dans une salle grande comme un zénith des milliers de geeks patientent, sabres lasers au poing, sur un remix techno des meilleurs thèmes musicaux de John Williams.

 

Ils entrent en scène sous des torrents d’applaudissements : J.J Abrams, le réalisateur/co-scénariste/co-producteur et la patronne des studios Lucas Film Kathleen Kennedy (qui porte pour l’occasion un magnifique tee-shirt Star Wars très « girly » ).

 

« Qui a attendu toute la nuit devant l’entrée ? » S’écrie-t-elle .

 

Le public est chauffé à blanc.

 

Démarre la séance de questions/réponses pendant laquelle J.J Abrams confirme qu’il est parvenu à garder le sommeil malgré la pression énorme qu’a constitué la réalisation du nouveau Star Wars. Après la déception générée par la Prélogie, il a effectivement une pression colossale.

Au vue de son travail sur la franchise Star Trek, gageons qu’il saura relever le défi haut la main.

 

Kathleen Kennedy excuse l’absence d’Harrison Ford qui se remets d’un atterrissage catastrophe sur un terrain de golf.

« C’est le seul acteur qui pouvait faire ça, mon respect pour lui a encore grandi », lâche Abrams. On le rappelle, Harrison Ford a 72 ans.

 

R2D2 entre en scène suivi BB8 le nouveau droïde aperçu dans le premier teaser sorti en novembre. Très réussi, il est bien parti pour voler la vedette à son aîné.

 

Malgré l’absence d’Harrison Ford, les autres acteurs principaux sont bien présents.

 

Tout d’abord Oscar Isaac, Daisy Ridley et John Boyega qui sont les nouveaux visages de la franchise.

 

« Moi je suis le meilleur putain de pilote de la galaxie ! » lâche l’Américain Oscar Isaac. Daisy Ridley (jeune actrice anglaise de 25 ans) nous apprends que son personnage vient de la planète Jakku ( et non Tatooine comme pouvait nous le laisser penser le premier teaser du film).

Et lorsqu’on demande à John Boyega s’il interprète un StormTrooper, il répond : « Je ne sais pas, j’ai perdu la mémoire. » La salle est hilare.

 

Le visage de l’acteur ouvre le premier teaser. Il est au milieu d’un désert habillé en StormTrooper. Cette image avait titillé la curiosité des fans en novembre dernier : En est-il un ? ou Est-ce un déguisement de son personnage ? Nous n’en saurons pas plus.

Les informations sont savamment distillées : juste ce qu’il faut pour nous donner des biscuits mais pas trop pour maintenir notre excitation au maximum.

 

Devancés par les nouveaux Stormtrooper, arrivent Carrie Fisher, Mark Hamill et les 2m16 de Peter Mayhew (qui interprète Chewbacca depuis le début). Moment d’émotion. Les fans nés après 1990 ne peuvent pas comprendre. Comme nous, ils ont pris de l’âge mais quel bonheur de savoir qu’ils seront de la partie dans l’Episode 7.

D’après des rumeurs, un personnage clé mourrait à la fin du film.

 

 

Le panel touche à sa fin. L’ensemble des acteurs quitte la scène sous les applaudissements.

 

« Euh ! une dernière chose. » lâche Kathleen Kennedy

Le public devient fou car il sait ce que cette phrase veut dire.

« Qui veut voir la nouvelle bande annonce de Star Wars Le reveil de la Force ? » Demande naïvement J.J Abrams.

 

La nouvelle bande annonce ! Enfin ! La raison principale pour laquelle se sont déplacés en masse les fans qui ont rempli les 35 salles de cinémas à travers le monde et celle d’Anaheim.

 

Extinction des feux.

 

Le nouveau logo Lucas Film remplit l’écran. Gros kiffe !

 

La musique de John Williams envahit les enceintes Atmos de la salle du Kinépolis.

 

Deux minutes plus tard : « Encore une fois ! Encore une fois ! »

 

Le Kinépolis nous repasse une seconde fois la bande annonce.

 

Quelles images ! Le premier plan, qui dure 15 secondes, sonne comme une note d’intention : On aperçoit au loin un landspeeder qui parcours l’écran de la gauche vers la droite tout en dévoilant à l’arrière plan l’épave d’un croiseur impérial. Puis la voix de Luke Skywalker, le casque fondu de Vador, un énigmatique Stormtrooper chromé puis, en clôture, la première apparition d’Harrison Ford en Han Solo accompagné de Chewbacca. « Chewy, on est à la maison. »

 

Ce que révèle surtout cette bande annonce c’est le respect qu’a eu J.J Abrams pour la trilogie originale et son imagerie réaliste. On y aperçoit beaucoup de décors en dur et d’explosions réalisées à même le plateau. On très loin de l’imagerie digitale de la Prélogie. Le film a l’air « incarné ».

 

C’est de très bon augure et je me suis mis à y croire.

 

J’ai très envie de voir ce film.

« Avec ces films tu as crée une religion. » Disait Francis Ford Coppola à son ami George Lucas.

Prochaine messe : le 18 décembre 2015.

Fouad Boudar