Conférence de presse d’Arnaud Viard

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Troisième conférence de presse pour un deuxième film, celui d’Arnaud Viard. C’est, je l’avoue, un brin égocentrique, mais après tout l’auteur, acteur et réalisateur ne s’en est pas privé. Me voici donc ce lundi 16 mars au bas des marches de ce grand hôtel quatre étoiles lillois, le Bellevue pour ne pas le nommer. Le cadre dénoterait presque avec le tableau de l’industrie cinématographique qu’a peint Arnaud Viard et ce parcours du combattant pour qu’après « Clara et moi » en 2004 son deuxième long-métrage puisse enfin voir le jour.

Les journalistes sont là. Les mêmes et on recommence, si j’osais. La mise en scène est maîtrisée. Je ne peux m’empêcher de sourire. Je ne sais si c’est le hasard de la disposition de la salle mais les trois acteurs d’un soir font face à Arnaud Viard, séparés par une longue table. Mais ce n’est plus à lui d’être filmé de dos. Non, il doit au contraire être dans la lumière et se mettre à nu. Sans doute aucun, il mérite d’être connu « parce que dans connu, il y a nu ».

C’est étrange. Dans « L’homme idéal » et « Arnaud fait son deuxième film », je retrouve la page blanche. Et même noircie, l’auteur / l’écrivain doit encore vendre son « produit » et trouver un producteur / un éditeur. Mais le parallèle s’arrête là. Pas pour la qualité, non. Mais pour une promotion qui se veut naturelle.

Déconnecté de que j’imagine être le show business, ne maîtrisant pas le jeu des questions-réponses ou de ce qui se dit ou ne se dit pas, s’adressant même parfois à son producteur resté en retrait. Allez, ce sera off.

Arnaud Viard n’est pas impudique. Il se livre sans réserve, avec générosité, dans son film comme dans cette salle de conférence de presse. Et pourtant je le sens réservé. J’espère juste qu’on ne parlera que de lui, de son film, des acteurs, des conditions de tournage … L’accouchement a été long et difficile et mérite qu’on s’y attarde et ne l’entache pas de comparaisons.

Si le réalisateur s’interroge sur le cinéma, les conditions de la création, et les aléas de la vie d’un artiste, sa question peut résonner en chacun.  Qui n’a pas jamais connu un rejet, une traversée du désert, un moment de doute ? Il faut chercher son souffle, et même un second souffle. Il l’a trouvé.

J’ai rencontré ce soir une personne à connaître parce qu’elle sonne vrai. Et ne me dites pas que ce n’était que jeu d’acteur, que de la post-production hautement maîtrisée. Ou alors patientez encore un peu jusqu’à son troisième film.

 

Sandrine Monseigny.